Deux chevaux morts à l'hippodrome : les pistes d'explication

Article transmis par le Conseil du Cheval en Corse, publié par La République du Centre le 6 juin 2009

L'anneau de l'Ile-Arrault est au centre d'une polémique après l'euthanasie de chevaux tombés lors des deux derniers rendez-vous hippiques. L'entretien de la piste ne semble pas en cause.
Fin de saison hippique marquée, le lundi de Pentecôte à Orléans, par trois chutes. Le cheval « Alexio » ne s'en relèvera pas puisqu'il a été euthanasié sur place. Le 3 mai, un autre équidé en course, toujours sur l'hippodrome de l'Ile-Arrault, avait connu la même sortie funeste.
Deux accidents mortels à un mois d'intervalle ; un lieu sportif sous les feux de l'actualité puisqu'il est appelé à accueillir le futur grand équipement sportif voulu par la municipalité... Il n'en faut pas davantage pour que la rumeur enfle, se propage pour laisser entendre que l'entretien de la piste orléanaise laisse à désirer. Une rapide enquête, dans les paddocks et ailleurs, ne corrobore pourtant pas les thèses échafaudées.

cheval sur la piste
Lundi dernier, le scénario noir s'est répété. (Photo : Gérard Bézard)

Entretien maintenu
Le service d'entretien des espaces verts municipaux, en charge de tous les terrains de sports de la ville, ne cache pas sa surprise quant à la question d'une éventuelle désaffection du site hippique. « L'entretien de l'anneau enherbé de l'Ile-Arrault, qui se résume à une tonte régulière, reste constant et inchangé depuis des années. Il n'y a jamais de réfection totale de la piste. Tous les ans, quand le gazon a souffert ici ou là sur la piste, on y intervient ponctuellement, c'est tout », explique Franck Tain, technicien à la ville. Il poursuit en assurant que l'équipe spécialisée dans l'entretien des terrains sportifs a conservé tous ses effectifs, ainsi que le matériel qui lui est propre. Bref, pas de recul.
« Loi des séries »
Aux yeux de Philippe Poisson, président de la société des courses d'Orléans, l'état de la piste comme des obstacles ne peut être incriminé. « Le parcours d'obstacles a été refait à neuf voilà deux ans, et validé par les instances dirigeantes (...) N'importe quel professionnel peut juger de l'état de la piste, inchangé depuis des années ».
Alors, comment expliquer ces deux accidents mortels consécutifs ? Philippe Poisson parle d'une fâcheuse « loi des séries (...) Deux accidents successifs alors que la saison dernière s'est déroulée sans le moindre problème. En steeple, cela fait hélas partie des aléas de la discipline. » Il note qu'à chaque fois, il s'agit d'une mauvaise réception lors d'un franchissement d'obstacles : « Lundi dernier, le cheval butte les antérieurs dans l'obstacle et “panache” (fait une galipette). À un train de course, soit environ 50 km/h, l'impact est important. Cela sur la dernière haie, après deux tours et demi et à cent mètres de l'arrivée. Il faisait chaud, lourd, et certains chevaux ont du mal à respirer dans l'effort ».
Philippe Poisson relève, en outre, que l'hippodrome d'Orléans, « pour n'organiser que cinq réunions annuelles, réunit des chevaux dont le niveau n'est pas spécialement relevé. Ce n'est pas Auteuil ! Nous sommes en 3e catégorie. On peut supposer que, plus on descend dans la hiérarchie et moins les chevaux sont entraînés, et donc davantage susceptibles de tomber ». Et de conclure que « la polémique n'est pas fondée ».

Le futur hippodrome fonctionnerait toute l'année
Sachant que la future grande salle sportive est envisagée à l'Ile-Arrault, l'hippodrome est susceptible de s'installer ailleurs. Aux abords du stade des Montées. Interrogé sur le sujet, le président de la société des courses d'Orléans ne cache pas « qu'on y travaille activement ».
En 2010, voire en 2011, les courses seraient maintenues à l'Ile-Arrault. « Nous ne déménagerons que lorsque l'Ile-Arrault accueillera le nouvel équipement, par un effet de dominos ». Le président ajoute qu'il évitera un copier-coller de l'actuel équipement, enclavé entre Loire et levée, avec très peu de parkings pour les spectateurs comme pour les entraîneurs. « La proximité du stade des Montées permettrait, déjà, de disposer d'aires de stationnement suffisantes. La piste serait, a minima, équivalente à l'actuelle (1.200 mètres) mais dessinée autrement. L'idée serait d'aller au-delà de cinq courses par an. Et bien d'avoir une piste utilisée quotidiennement, avec un centre d'entraînement. Bref, un site qui fonctionnerait toute l'année ».
Philippe Poisson précise que chacune des réunions actuelles réunit une centaine de chevaux. Entraîneurs et jockeys viennent d'écuries de courses implantées dans un rayon de 200 km autour d'Orléans, essentiellement de la région Centre, du sud de l'Ile-de-France, de Normandie et de Mayenne.
Philippe Ramond

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