Le cheval, nouvel animal de compagnie, victime de l'engouement qu'il suscite

Article publié par l'AFP le 25 septembre 2009, transmis par le Conseil du Cheval en Corse

L'engouement autour du cheval en tant qu'animal de compagnie, à l'instar du chien ou du chat, inquiète les professionnels, qui "constatent une hausse de la maltraitance et des troubles du comportement de l'animal".
Le cheval bénéficie d'un grand capital de sympathie auprès des Français - un sur trois aimerait en posséder un selon une enquête récente - mais malheureusement, il est victime de son succès "lorsque son propriétaire ignore tout de son comportement", selon les associations de protection des animaux. "On constate que de plus en plus de gens possèdent des chevaux juste pour la relation avec l'animal. Ils prennent un cheval "potager" pour l'avoir avec eux. Ces gens là reportent leur affectivité sur l'animal, comme ils le font avec les chiens ou les chats, pour le câliner", explique à l'AFP Claire Bentolila, comportementaliste animalier.
"Mais le cheval ne sait pas gérer ce genre de chose. Le cheval est un animal relationnel, y compris avec l'homme, et il s'adapte à l'environnement que nous lui façonnons. Si on lui impose trop de contraintes physiques ou morales, pour exprimer son mal être, il peut développer des troubles du comportement, comme des tics à l'air (il avale de l'air en mordant sa porte de box) ou à l'ours (il balance sa tête continuellement). Il peut aussi se provoquer des démangeaisons ou devenir agressif", poursuit-elle.
"J'ai rencontré des gens qui "habillaient", mettaient des couvertures à leurs chevaux au pré alors que l'hiver leurs poils poussent naturellement et qu'ils n'en ont pas besoin", a-t-elle cité en exemple.
"Le cheval est un animal de proie qui doit son salut à la fuite et peut devenir dangereux s'il est acculé. Il doit brouter en moyenne 15 heures par jour, se promener quotidiennement s'il est en box, vivre avec ses congénères et pouvoir galoper à sa guise dans son pré", a-t-elle ajouté "ce qui semble difficile dans un petit jardin".
Laetitia Boss, présidente du Centre d'hébergement des équidés maltraités (CHEM), juge que "la démarche de recueillir un cheval part toujours d'un bon sentiment mais certaines personnes ignorent les besoins réels de l'animal et l'engagement que ça représente, en temps et en argent".
Elle "déplore une hausse des cas de maltraitance et d'abandon des équidés depuis la création de son association, il y a 30 ans".
Le CHEM intervient régulièrement avec les services vétérinaires et la gendarmerie pour retirer des chevaux laissés sans nourriture par leurs propriétaires ou parqués dans des petits terrains et souffrant d'un grave manque d'alimentation, voire de blessures laissées sans soins.
"Avant de prendre un cheval, un âne ou un poney chez soi, il faut bien réfléchir car c'est un engagement à long terme. Le cheval, qui pèse près d'une demi-tonne, boit chaque jour une quarantaine de litres d'eau, mange des litres d'avoine, d'orge ou des granulés, vit en moyenne 30 ans. Il faut prévoir un budget d'environ 150 euros par mois pour son entretien, sans compter les éventuels frais vétérinaires et de ferrure", a précisé la présidente du CHEM qui accueille dans sa propriété une quinzaine de vieux chevaux de son association.
Les dérives viennent aussi du fait que d'un point de vue juridique "le cheval est un bien meuble au même titre que l'ensemble des animaux. Il n'y a pas de limitation pour la détention des équidés, ni de législation particulière", a souligné de son côté Me Xavier-Jacques Bacquet, spécialiste du droit animal.
Isabelle TOUSSAINT

Maltraitance des chevaux : une association réclame une réglementation

Article publié par l'AFP le 18 septembre 2009, transmis par le Conseil du Cheval en Corse

Une association de défense des chevaux a affirmé vendredi que les cas de "maltraitance des équidés" détenus par des particuliers comme animaux de compagnie était en constante augmentation et réclamé une réglementation sur le modèle de celle des chiens.
"On nous a signalé un cas de maltraitance par jour cet été et nous manquons de personnels pour faire face à tous les cas", a expliqué à l'AFP la présidente du Centre d'hébergement et de protection des équidés maltraités (CHEM) Laetitia Boss.
Selon elle, "les services vétérinaires interviennent de plus en plus" et il faut que "quelqu'un décide de +normaliser+ l'hébergement des chevaux". "Cela évitera qu'on trouve des chevaux dans dix mètres carrés ou dans des jardins en pleine ville", s'est-elle insurgée.
"N'importe qui peut posséder un, voire 25 chevaux, chez lui alors qu'il existe une réglementation pour posséder un grand nombre de chiens", a encore expliqué Laetitia Boss.
"Le cheval est victime de son succès, mais ce n'est ni un chien, ni un chat car il vit 30 ans et coûte plus de 150 euros par mois", a-t-elle assuré.
Par ailleurs, de nombreux propriétaires de chevaux, de poneys ou d'ânes font de la "reproduction sauvage", selon le CHEM, qui doit parfois "capturer des troupeaux de chevaux sauvages dans des conditions extrêmement difficiles".
"En France, si vous avez plus de neuf chiens et faites plus de 2 portées par an, vous êtes tenus à des obligations de déclaration sanitaire car considérés comme éleveurs. Pour les chevaux, il n'y a pas de limitation, ni de législation particulière", a souligné de son côté Me Xavier-Jacques Bacquet, avocat de la Fondation 30 millions d'amis.
Le CHEM travaille avec les services vétérinaires et la gendarmerie quand un cas de maltraitance est signalé. Après décision de justice, les animaux peuvent être retirés à leur propriétaire et placés.
Le CHEM reste propriétaire des chevaux retirés à leurs anciens maîtres et possède ainsi plus de 800 animaux répartis en famille d'accueil dans toute la France.

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