Auteuil, champ du déshonneur

Article transmis par le Conseil du Cheval en Corse, publié le 20 juin 2009 par l'Humanité

Dimanche, l'hippodrome roi de l'obstacle propose sa deuxième plus belle réunion de l'année, après celle du Grand Steeple-chase de Paris. Il y a des concurrents de classe au programme, à l'image du très doué Questarabad dans la grande course de haies... Mais le coeur n'y est pas. Il y a tout d'abord cette piste en mauvais état, la faute à des réunions trop nombreuses. On fait courir des champions sur du terrain qui ressemble davantage à un champ de labour qu'à un champ de courses ! Et puis il y eut ce triste spectacle de la journée du Grand Steeple, avec ses nombreux chevaux rentrés épuisés, à la limite de l'évanouissement. Sans oublier les regrettés Musica Bella et Oniraloin, peut-être morts du parcours de trop... Insouciants, les cols blancs font minent d'ignorer que c'est l’avenir même de la discipline qui est en jeu. Leur politique opaque, leur droit divin de vie ou de mort sur les professionnels (voir Yann Porzier) est leur seule obsession. En revanche, la régularité des compétitions n'est plus assurée. Il n'y a même aucune garantie que certains chevaux présents sont dans la capacité d'effectuer un parcours dans des conditions honorables... On touche le fond.
Les ligues de protection animale ont par conséquent matière à intervenir. Concurrents présentés au rond d'avant-course dans un état physique qui fait honte aux professionnels dignes de ce nom ; chevaux trop vieux et trop usés pour pouvoir prétendre finir leur parcours dans de bonnes conditions ; jeunes sujets qui n'ont jamais montré les moyens suffisants pour disputer l'arrivée sur un hippodrome aussi sélectif... Dernier exemple, mardi, avec un beau gris du nom de Midday Lord. Aucune performance significative à son actif et pourtant lancé dans le grand bain en victime probable...Ivre de fatigue et loin des premiers, il est tombé lourdement au saut de l'avant-dernière haie devant un parterre d’autruches qui composent un milieu hypocrite où il est de bon ton de ne rien dire, ne rien faire, pour préserver le rendement. Jusqu'à une prime d’abattage offerte aux entourages des chevaux qui perdent la vie sur le champ. Le champ du déshonneur... Jusqu'à quand ?
P. Rosso

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